Mis à jour : 12/06/2026
Depuis 2015, l'Opie et l'ARB îdF vous proposent des indicateurs cartographiques pour évaluer l'effort et la qualité de prospection des papillons de jour sur les communes d'Île-de-France.
L'objectif est d'arriver à évaluer si, pour chaque commune francilienne, l'effort de prospection est suffisant pour considérer que les cartes de répartition des espèces issues de GeoNat'îdF représentent effectivement la réalité. Ces indicateurs ne portent donc pas la richesse en rhopalocères au niveau communal, mais permettent de statuer sur la validité de ces cartes de répartition. Pour ce faire, il faudrait donc l'intégralité du territoire régional passe au vert, permettant d'avoir une vision objective de la connaissance des populations de papillons de jour franciliennes.
Consultez cette cartographie dynamique et aidez-nous en prospectant les communes présentant des manques d'observation pour y améliorer la connaissance !
Ces indicateurs sont notamment utilisés dans le cadre de l'animation du Plan régional d'actions pour les Papillons de jour 2022-2032 assurée par l'Opie.
Actualisation 2024 :
Sur les 1288 communes, on compte 42 % de communes bien à très bien prospectées, 16% à prospection moyenne et 42% de communes à prospection insuffisante (faible, à réactualiser ou nulle). Les qualités de prospections sont variables au travers du territoire.
La comparaison des départements met en évidence la variabilité des situations. On note par exemple que la Seine-Saint-Denis (93) est le département le mieux prospecté avec près de 75% des communes bien ou très bien prospectées, suivi de l’Essonne (91) avec un score de plus de 55%. Paris (75) est un cas très particulier, et les 20 arrondissements ont été comptés comme autant de communes.
Une comparaison avec les anciennes cartes montre que la qualité de prospection des communes d’Île-de-France s’est drastiquement améliorée au cours des années. Les communes bien ou très bien prospectées sont passées de 3% en 2005 à 42% en 2024. Et sur ces 10 dernières années, le pourcentage a doublé puisqu’il est passé de 21 à 42%. L’apparition de la qualification « Excellente » est due à un changement de méthode : précédemment, le stade chenille permettant cette qualification n’était pas pris en compte. La quantité de communes non prospectées a été divisée par 10 depuis 2005, passant de 72 à 7%.
Méthodologie :
La qualité de prospection par commune peut être étudiée pour trois groupes d’insectes :
- les odonates (ordre Odonata) ;
- les rhopalocères et zygènes, soit les papillons dits « de jour » (ordre Lepidoptera, mais uniquement les familles suivantes : Papilionidae, Hesperiidae, Pieridae, Nymphalidae, Lycaenidae, Riodinidae, Zygaenidae).
- les orthoptères (ordre Orthoptera);
Les données utilisées correspondent à des données d’occurrence pour lesquelles la précision taxonomique est à l’espèce ou à la sous-espèce. Il s’agit donc presque toujours de données d’observation. Les données de non observation sont prises en compte sur les deux premières conditions du logigramme, puisqu’elles témoignent d’une prospection.
La méthode est héritée des précédents travaux (Bitsch et al. 2016; ARB Ile-de-France 2018, 2022; Houard et al. 2021), mais la labellisation des qualités de prospection a été simplifiée.
Historique du projet :
Une 1ère méthode de qualification de la prospection des communes est proposée fin 2015 pour les Odonates (Bitsch et al. 2016) et présentée lors des rencontres odonatologiques en février 2016. Les cartes de richesse spécifique produites à partir de ces données montrent des zones à grande diversité d’espèces, et d’autres zones sur lesquelles il y a peu ou pas d’observations. Il est important de réaliser que la disparité entre ces zones reflète une réalité de terrain, mais pas seulement : elle relève aussi d’une inconstance de prospection à travers le territoire. Par exemple, autour des lieux de vie des odonatologues, les sites apparaissent systématiquement riches en espèces. En général, ce n’est pas que leur biodiversité soit réellement exceptionnelle ! C’est parce que le lieu est intensivement prospecté. L’idée d’estimer la qualité de prospection d’un secteur répond donc à une volonté de cibler les recherches pour assurer une vision du territoire aussi réaliste possible.
En 2015, l’association Natureparif (devenue l’ARB îdF aujourd'hui) et la Région Île-de-France, inauguraient le site internet de l’Observatoire francilien de la biodiversité. Ce site regroupait des informations régionales sur plusieurs groupes taxonomiques, et restituait des synthèses à partir de la base d’observations Cettia îdF (remplacée aujourd’hui par GeoNat’îdF) dont les cartes de qualité de prospection issues du travail de Bitsch et al. En 2016, dans le cadre de ce projet, des méthodes ont été mises-au-point pour produire les cartes de qualité de prospection pour les papillons de jour (Figures 1 et 2) et pour les orthoptères. Enfin, des cartes représentant la part d’espèces patrimoniales (menacées ou quasi menacées) pour chaque commune ont également été publiées.