Observation des lisières aux jumelles © Ophélie RICCI

Mis à jour : 10/04/2026

Le printemps s’est installé depuis quelques semaines déjà, et avec lui, la nature se réveille avec la reprise des activités en plein air. Cette période marque aussi un moment clé pour la faune sauvage, particulièrement vulnérable face aux dérangements. Dans ce contexte, la cohabitation entre les usagers de la nature et les espèces qui y vivent devient cruciale. Chaque présence humaine, même animée de bonnes intentions, peut entraîner des répercussions importantes : un geste d’apparence anodine peut suffire à stresser un animal, le blesser ou compromettre ses chances de survie.

Pourquoi ne pas manipuler les animaux sauvages ?

  • Une perception de menace

Vos gestes, même bienveillants, sont perçus comme une agression. Toucher un animal sauvage, même blessé, revient pour lui à faire face à un prédateur. Le stress causé par une manipulation engendre une cascade de réactions physiologiques (augmentation de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle, suppression du système immunitaire), provoqué par l’accumulation d’adrénaline et de cortisol, pouvant compromettre la survie de l’animal même après qu’il soit relâché (ex : crise cardiaque). Ces signes sont souvent discrets et difficiles à détecter chez certaines espèces.

  • Des réactions de défense

Un animal sauvage cherchera à fuir ou à se défendre, entraînant des risques de blessures, pour lui comme pour vous (morsures, griffures), accompagné de risques sanitaires associés.

  • La transmission de maladies

Le contact avec la faune sauvage est un moment propice à l’échange de maladie de l’animal vers l’être humain ou l’inverse. Il existe de nombreux agents infectieux documentés et de nouveaux sont régulièrement découverts, avec parfois des risques épidémiologiques très importants. 

  • Le risque d’imprégnation

Un contact répété avec l’humain peut modifier le comportement de l’animal et réduire ses capacités à survivre dans son milieu naturel.

  • Un cadre légal strict

La plupart des espèces sauvages sont protégées par la loi (articles L411-1 et L411-2 du Code de l’environnement), qui interdit leur perturbation intentionnelle. Toute infraction peut être sanctionnée, avec des peines allant jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende.

Exemple en Île-de-France : les dérives de la photographie animalière

© Loan PICHON
Vipère péliade dérangée © Loan PICHON

Certaines espèces rares et singulières comme la vipère péliade (Vipera berus) et la vipère aspic (Vipera aspis), classées en danger (EN) sur la liste rouge régionale, attirent les photographes animaliers et herpétologues amateurs.

Si on peut se réjouir que ces espèces souffrent de moins en moins d’idées reçues et de la peur qu’elles suscitent parfois, ce regain d’intérêt ou de curiosité ne doit pas se faire au détriment de leur bien-être et de l’état de conservation des populations. Attraper et manipuler un animal, pour l’observer plus facilement, le déplacer, l’exposer de manière plus visible et le photographier, poser des plaques en milieu naturel dans le cadre d’une pratique récréative, sont autant de gestes, qui répétés dans le temps, peuvent nuire aux serpents.

Or, le printemps est une période clé pour la reproduction. Le dérangement d’un seul individu peut suffire à compromettre sa reproduction pour toute une saison et fragiliser une population déjà très réduite, allant à l’encontre des mesures de conservation visant ces espèces. 

© Ophélie RICCI Les plaques ne servent...
Les plaques reptiles sont des dispositifs à utiliser uniquement dans le cadre de suivis scientifiques protocolés © Ophélie RICCI


Les recommandations de l’Office français de la biodiversité (OFB)

Pour protéger la faune, il est essentiel d’adopter des comportements respectueux :

  • Ne pas manipuler ni déplacer les animaux
  • Observer discrètement, en silence
  • Garder ses distances
  • Utiliser un matériel adapté pour la photographie (zoom, téléobjectif)

Pour en savoir plus, le communiqué de presse de l’OFB qui alerte sur les dérives de certains photographes animaliers.

Faune en détresse : comment agir ?

Si vous trouvez un animal en blessé ou coincé :