Mis à jour : 16/12/2024
La disparition des amphibiens et des reptiles témoigne de l’état de santé inquiétant des mares, des mouillères, des landes et des haies, refuges d’une biodiversité riche mais trop souvent méconnue. La nouvelle Liste rouge régionale, réalisée par l’Agence régionale de la biodiversité en Île-de-France (ARB ÎdF) avec la Société herpétologique de France (SHF), vise à hiérarchiser les priorités d’action des politiques publiques, au moment où le nouveau SDRIF-E accroît la protection des espaces naturels franciliens.
Les conclusions de la nouvelle Liste rouge régionale sur les amphibiens et les reptiles sont très préoccupantes : 25 % des amphibiens et 27 % des reptiles sont aujourd’hui menacés d’extinction en Île-de-France. En cause, la disparition des milieux naturels – dont les zones humides –, la fragmentation croissante des paysages, l’émergence de maladies favorisées par l’activité humaine et le réchauffement climatique.
Les amphibiens et les reptiles ont une biologie particulièrement intéressante pour évaluer l’état de conservation des milieux dans lesquels ils évoluent et, à l’inverse, des territoires dont ils ont disparu. Malgré leur regroupement dans le cadre de cette évaluation, ces deux taxons ont des écologies très différentes, fortement dépendantes de l’environnement dans lequel ils vivent. Les amphibiens, à travers leur relation particulière aux milieux aquatiques, informent sur l’état de conservation des mouillères (petites dépressions naturelles imperméables), des mares et des étangs franciliens. Ils constituent également l’un des premiers taxons auxquels on fait référence lorsqu’il s’agit de traiter des continuités écologiques, parce que leurs modes de déplacement et leurs migrations, particulièrement impressionnantes chez certaines espèces, les rendent très sensibles aux activités humaines et à la structuration des paysages. Les reptiles, quant à eux, sont majoritairement associés aux milieux d’interfaces (haies et lisières) ou aux milieux transitoires (landes et fourrés), sur lesquels l’activité humaine est réduite.
Fortement sensibles à la structuration de leurs habitats et aux aléas climatiques, ces espèces sont directement impactées par les activités anthropiques et déclinent rapidement face aux perturbations. Malgré leur protection intégrale sur l’ensemble du territoire français, les amphibiens et les reptiles sont identifiés par la Liste rouge nationale comme un groupe en forte régression. Ainsi, en France métropolitaine, la Liste rouge de 2015 estimait que près de 23 % des amphibiens et des reptiles étaient menacés de disparition. C’est pour cibler au mieux les pressions franciliennes que cette évaluation régionale a été menée.